Marjorie Truffe

Se peut-il que le destin nous envoie parfois des messagers ?

Cette idée s’invite en douce dans mon imaginaire, chaque fois que je repense à ce poney noir rencontré à Saint-Pierre et Miquelon alors que je n’avais que six ans. Contre son gré, mon père venait d’être muté sur l’archipel français situé juste en face du Canada. 6000 habitants, peu d’ensoleillement tout au long de l’année, l’angoisse de l’exil, de rares loisirs. En quelque sorte le purgatoire pour mes parents d’origines méditerranéennes. J’étais fille unique, mais encore trop jeune pour comprendre ce qui signifie l’éloignement, ou la solitude. Et puis, il y avait ce poney que nous hébergions occasionnellement dans la cour de la maison et qui illuminait alors mon existence. Un don du ciel. Peut-être le messager de mon destin. C’est en effet auprès de lui, que mon amour pour les animaux a pris forme, et ne m’a plus jamais quittée.  Au départ de toute grande passion, il y a toujours une rencontre décisive.

Bien plus tard, alors que nous avions regagné la métropole, j’ai récupéré un cheval de courses qui avait été réformé pour lenteur chronique. Trop mauvais pour faire carrière sur les hippodromes. Un héros de l’ombre, qui avait souvent terminé dernier, lors de ses tentatives en compétition. Je lui ai offert une nouvelle vie. Ensemble, nous avons partagé beaucoup de moments de bonheur, et je me suis occupé de lui jusqu’à la fin de ses jours. Il s’appelait Bony.

Il parait que près de 100.000 animaux de compagnie sont abandonnés chaque année. Depuis que je me suis rapprochée de l’association Erka, j’ai également appris que beaucoup de tous ces laissés pour compte auraient subi des sévices. Cela me révolte. Je ne comprendrai jamais que l’on puisse faire souffrir des êtres sensibles, qui n’ont rien d’autre à nous donner que leur affection, ce qui n’a pas de prix.

 

A la maison, nous avons une petite minette baptisée Astuce. Un amour de chat. Le seul fait d’entendre battre son cœur nous procure une immense félicité. Les animaux de compagnie nous donnent quotidiennement une véritable leçon de bonheur, pourvu qu’ils vivent entourés de tendresse et de sollicitude.

 

Le spectacle des oiseaux m’émerveille également. Ils viennent chaque jour, dans un ballet enchanteur se nourrir sous nos yeux. Je ne serais pas étonnée que notre petit jardin soit devenu le meilleur restaurant des Yvelines pour mésanges, moineaux et autres rouges-gorges.

J’ai découvert l’association Erka par l’entremise de Frédérique Pelisson que j’avais rencontrée autrefois dans un club hippique. Nos chemins se sont recroisés par hasard à l’occasion d’une formation en kinésiologie animalière. Mais le hasard existe-t-il ? Les rencontres déterminantes sont parfois…déterminées. Je crois qu’il s’agit plutôt de mystérieuses coïncidences. Tout au long de l’instruction qui s’est déroulée sur plus d’une année, nous avons formé un binôme très motivé. Frédérique est une personne admirable, et je suis très fière d’être devenue son amie. Grace à elle, j’ai pu rencontrer Céline Ravenet, une femme merveilleuse elle aussi, Frédérique (notre Trésorière) et toute l’équipe d’Erka.

Elles ont eu la gentillesse de m’adopter. Elles sont douées vraiment pour les adoptions. Je leur en suis infiniment reconnaissante. Je ne suis qu’une petite main dans le dispositif, mais je suis très honorée de pouvoir œuvrer, aussi modestement soit-il, au bien être des animaux. Et de toute manière, j’ai toujours préféré les bras ouverts, aux bras croisés…